Harem Politique, le ProphÚte et les femmes

Présentation de l’ouvrage  de Fatima Mernissi, 

Harem Politique, le ProphÚte et les  femmes,

Ed. Albin Michel, 1987, 293 pages

Fatima Mernissi est née en 1940, dans une famille originaire de Rif. Cette derniÚre  intégrera  la grande bourgeoisie de Fez, au fil des années. Si Mohamed Ben Larbi MERNISSI est celui qui a le plus marqué l’histoire de cette famille.

Fatima fera partie de cette élite marocaine qui a vécu le déchirement de l??espace marocain entre espace traditionnelle « religieux » et espace moderne « séculier ». Le premier représenté par Allal AlFassi, le deuxiÚme par Balafrij. Elle passera une enfance, telle les femmes fassies de l??époque, cloîtrée dans des grands Riyad, mais jamais elles dépasseront les portes. Heureusement, F. Mernissi sera épargnée du sort réservé  à toutes les femmes de l??époque. Elle s??inscrit dans l??une des premiÚres écoles privées mixtes du pays et poursuit ses études à Rabat, puis en France et aux ?tats-Unis. Depuis lesannées 1980, elle enseigne à l??université Mohammed V de Rabat.

Fatima Mernissi est une sociologue, écrivaine et membre du Conseil d??Université des Nations unies et consultante pour l??UNESCO. Elle est aussi membre du Groupe des Sages sur le dialogue entre les peuples et les cultures de l??Union Européenne. Elle mÚne en parallÚle à sa carriÚre universitaire un combat dans la société civile : elle a fondé les « Caravanes civiques[1] » et le collectif « Femmes, familles, enfants ».

En 2003, elle a reçu le Prix Prince des Asturies. Elle a aussi reçu le prix Erasmus en 2004 aux Pays Bas pour le thÚme «Religion et modernité».

Fatima Mernissi fait partie de ce nouveau type de penseurs  religieux désignés collectivement, par le monde scientifique, comme « intellectuels musulmans » et définis par opposition aux oulémas comme « intellectuels séculiers ». La nouveauté de cette catégorie de penseurs religieux « non-cléricaux » telle l??auteure de Harem politique, viendrait du fait qu??ils « répondent à des questions que les oulémas ne savent même pas poser et auxquelles les intellectuels « laïcs » ne pensent même pas à répondre[2].

Harem politique

A travers ce travail, Fatima Mernissi interroge l??opinion publique sur des constats socio-politiques, concernant la condition de la femme musulmane dans le texte sacré, la  tradition prophétique et aussi dans la période post-prophétique. Pourquoi la femme n??est pas égale à l??homme, alors que la pratique prophétique incitait les fidÚles à se comporter honorablement avec les femmes ?

Afin de ne pas choquer le lecteur musulman, n??ayant pas l??habitude ou le courage de poser certaines questions, elle introduit sa série d??interrogations, sur le rapport de l??islam au harem, par une question sur la participation politique de la femme musulmane. Pourquoi en 1977, il n??y avait aucune femme parlementaire, alors que le nombre des électrices dépassait la moitié ?

Cette réalité politique puise sa raison dans le texte sacré, « Ne connaîtra jamais la prospérité le peuple qui confie ses affaires à une femme ».

Musulmane convaincue, frappée par la personne du ProphÚte, l??auteure ne remet pas en cause le sacré mais elle pose des questions sur l??authenticité de la transmission du sacré;  N??y a t-il pas un décalage entre d??un coté le message du ciel, incarné dans les attitudes du messager et de l??autre coté le texte religieux, qui est souvenant évoqué pour justifié la domination masculine ?

A l??encontre des non-musulmans ou les intellectuels musulman laïcs, qui ne posent jamais ce genre de questions, parce qu??ils ne croient pas à la rationalité soutenue, propre au sacré, Fatima Mernissi se définit musulmane et puise ses constats dans les sources de l??islam. A cet effet, elle se base sur les mêmes méthodes et outils, utilisés par les grands savants de l??Islam[3]. Pour comprendre et éclairer le mystÚre de cette misogynie qu??affrontent les femmes musulmanes, elle se base sur les livres, racontant la vie du prophÚte (les biographies), les plus reconnus par les quatre écoles sunnites. Ainsi, elle se fait épauler par des savants reconnus, notamment le président du Conseil des Oulémas de la ville de Rabat.

La lecture que porte Fatima Mernissi à l??histoire et au passé  se fait dans le sens de se projeter dans le futur afin de répondre au malaise du présent. Pour pouvoir décoder et donner un sens au texte,  elle garde distance avec le sacré. C??est bien cette distance qui a crée une grande polémique autour de ce travail[4]. S??inscrivant dans la pensée de  Al-Jabri, Mernissi  invite (dans le chapitre premier)  les musulmans à avoir et surtout à se projeter dans le futur, afin de répondre au malaise du présent et non pas le retour et l??arrêt dans le passé. Le retour au «temps mort »  pour trouver des solutions au « mal du présent » est une des causes principales des mauvaises interprétations de la place accordée à la femme dans le texte religieux.

Avant d??enquêter sur ce hadith misogyne, qui fait du politique un domaine réservé aux hommes et «harram» aux femmes, Fatima Mernissi interroge la période dans laquelle le politique a eu recours à cette parole du ProphÚte, qui était tout à fait oubliée ou inexistante.

AprÚs la mort du ProphÚte la communauté musulmane a vécu une grande fitna  (une guerre civile). Malheureusement la guerre et l??anarchie civile ont débuté avant que les hadiths soient transcrits dans les recueils authentiques. Pour se mettre d??un coté ou un autre ou pour justifier une décision ou une autre il fallait bien évidement se fonder sur le texte. Ainsi cette anarchie politique, que Fatima décrit dans le deuxiÚme chapitre,  est l??une des raisons de l??inflation des faux hadiths. Afin de convaincre le musulman ordinaire, qui ne pourra croire que les successeurs «Assalaf Assalih» ont et pouvaient mentir sur le ProphÚte, l??auteure décrit cette situations douloureuse et alarmante et n??hésite pas à mettre en cause même les compagnons, qui ont délaissé le corps du ProphÚte trois jours avant son enterrement, et ce, pour  la question de la succession.

Ce panorama, décrit lors de ce travail, donne une idée de l??intensité des enjeux politiques et économiques qui ont présidé à la manipulation du texte sacré depuis le premier jour de la mort du ProphÚte. Grâce à un moyen de communication efficace et trÚs répondu à l??époque, Alqassass,( les conteurs) les mensonges sur les dits du ProphÚte, ou sur la chaîne de transmetteurs seront répandus dans toutes les mosquées de provinces[5].

Lors du troisiÚme chapitre, Fatima Mernissi enquête sur Abu Bakra le rapporteur du hadith misogyne. Tout en se basant sur les méthodes scientifiques entreprises par Al-Boukhari, elle tente de faire une double enquête historique et méthodologique sur le hadith et son auteur et surtout  sur les conditions dans lesquelles il fut utilisé pour la premiÚre fois.

Selon Abu Bakra, le prophÚte aurait prononcé ce hadith lorsqu??il a apprit que les Perses avaient nommée une femme pour les diriger. Un quart de siÚcle aprÚs la mort du ProphÚte Abu Bakra se rappelle du Hadith, au moment ou le Khalife
Ali reprend Bassora, aprÚs avoir vaincu Aicha à la bataille de chameau.   A Bassora tous les notables qui n??ont pas choisit le camp de Aicha devaient se justifier, ce qui explique pourquoi un tel homme comme abou Bakra, qui était esclave dans la jahiliya, va se rappeler de ce Hadith. Quelques années aprÚs, dans des circonstances politiques similaires, le même auteur va se rappeler d??un autre hadith politique.  AprÚs l??assassinat d??Ali Lorsque Al-Hassan, aprÚs l??assassinat de son pÚre Ali,  renonça à son droit de succession à Mouawiyya l??Omeyyad. Doté d??une forte mémoire du hadith politique, qui va dans le sens de l??histoire du plus fort, Abou Bakra se rappela qu??il avait  entendu le ProphÚte dire que «Hassan serait l??homme des réconciliations ».

AprÚs avoir éclairé le contexte historique dans lequel le hadith s??est transmis à la communauté des fidÚles par l??intermédiaire de son rapporteur abou Bakra, Fatima Mernissi passe à son évolution critique  en lui appliquant une des rÚgles méthodologiques que les fuqahas ont dégagées comme principes du processus de vérification. La premiÚre et la plus importante rÚgle à respecter était d??ordre moral. Se fondant sur cette rÚgle, Abu Bakra devrait être immédiatement éliminé de la chaîne des transmetteurs des hadiths. A l??époque du khalif Omar, Abu Bakra fut condamné et flagellé pour faux témoignage au sujet d??un certain Al-Moughira ben Chaiba.

Afin de mettre en cause, non pas les hadiths, mais l??application sociale de ces hadiths misogynes, l??auteur a interrogé d??abord les conditions historiques dans lesquels ils étaient retrouvés puis leur degré d??authentification.  Dans le quatriÚme chapitre l??intention est attirée sur les rapporteurs des paroles prophétiques traitant du sexe. Les hadiths racontant le rapport au sexe étaient rapporté par les compagnons hommes les plus proches du ProphÚte mais aussi et surtout par ses femmes, notamment Aicha.

L??homme qui était plus proche de l??espace privé du ProphÚte  était Abu Houraira. Il servait dans les appartements des femmes du ProphÚte. Ce fait  explique peut être sa haine envers les femmes. Abou Houraira  disait à Aicha « O mÚre, je ne faisais que quêter le hadith toi tu étais trop occupée par le khÎl et le miroir ». Sur plusieurs hadith, notamment ceux qui ont un rapport avec la sexualité, Abou Houraira revenait sur ses propos avouant qu??il n??avait pas écouté directement le ProphÚte.  Ainsi la version racontée par les femmes du prophÚte est la plus juste. A titre d??exemple l??auteur évoque le hadith rapporté par Abu Houraira selon lequel le ProphÚte avait dit «  Trois choses portent malchance : la maison, la femme et le cheval ». Aicha répondant à cette version a dit « Abu Houraira a décidément mal appris ses leçons. Il était entré chez nous alors que le ProphÚte était au milieu de sa phrase. Il n??a entendu que la fin » ; Le ProphÚte avait dit « Qu??allah combatte les juifs, ils disent : Trois choses portent malchance : la maison, la femme et le cheval »

A ce sujet Fatima Mernissi interroge l??authenticité d??un hadith dans lequel le ProphÚte avait mis la femme au même rang que le chien. Aicha démentie catégoriquement  ce hadith, rapporté par Acu Hourraira, qui est à l??opposé des attitudes du ProphÚte. D??aprÚs Ibn Masrouq, lorsqu??on évoque devant Aicha le hadith qui disait que les trois causes d??interruption de la priÚre étaient le chien, l??âne et la femme, elle leur répondit « vous nous comparez maintenant aux ânes et aux chiens. Par Dieu, j??ai vu le ProphÚte entrain de faire sa priÚre, et j??étais là allongé sur le lit, entre lui et la qibla ». Malgré cette réalité des faits encore une fois la communauté s??est référée à la version d??Abou Houraira.

AprÚs avoir traité, dans les quatre chapitres de la premiÚre partie, du texte sacré et de son utilisation pour écarter les femmes (une femme) de l??appareil décisionnel durant  la période anarchique, succédant à la mort du ProphÚte ; dans la deuxiÚme partie du livre l??auteure analyse la premiÚre anarchie, guerre civile, qu??a connue la société musulmane.   AprÚs la défaite de Ouhud l??islam traversera, durant trois ans, une crise militaire qui alimentera une forte opposition politique. Cette derniÚre s??opposera à tous les projets rénovateurs touchant l??ordre social, notamment  l’égalité entre les sexes et  la participation des femmes à la  vie de la cité.

Durant cette période de doute et de défaites militaires qui minent le moral des médinois, le ProphÚte a été souvent sujet des impolitesses, voir même d??agressions verbales trÚs insultantes. Certains rentraient dans ses demeures sans permission, d??autres lui affirmaient leur désir d??épouser ses femmes aprÚs sa mort. L??opposition politique « les hypocrites » n??attaquÚrent pas le ProphÚte directement, mais préfÚrent utiliser calomnie, rumeurs et autres méthodes, jusqu??au point de suivre ses femmes et les harceler dans les rues.  Pour mettre de l??ordre dans cette situation bien confuse et au delà de l??impolitesse des invités le jour du mariage du prophÚte avec zaynab, le hijab, en tant que séparation  entre espace privé (demeure) et espace publique (mosquée), fut ordonné par le seigneur.

Le ProphÚte ne croyait pas du tout à cette division, parce que cette intimité de l??espace lui  fournissait la force, l??enthousiasme dont il avait besoin et lui permettait de se baignait dans les préoccupations quotidiennes des fidÚles, mais ceci a constitué un frein plus qu??un avantage. De nombreux projets révolutionnaires furent stoppés. Ainsi cette osmose spatiale entre public privé  a consolidé la suprématie masculine.

Depuis, et pour des raisons non évoqués dans le texte sacré, un hijab rideau séparera l??espace masculin de l??espace féminin, pour réduire ce dernier derriÚres les porte des demeures.  La volonté du ProphÚte était de rendre à la femme sa place naturelle, la mettre au même rang que l??homme « les femmes sont les égales aux hommes » « Anissa chaqaiqo arijal », mais face au désastre politique, militaire et économique le ProphÚte céda aux réticences masculine plutÎt qu??aux revendications des femmes.

A la Mecque il n?? y avait que deux tendances islam et koufr, à Medine la donne s??est compliqué avec la naissance d??une troisiÚme tendance que le Coran décrit plus dangereuse que la mécréance « alfitnatou achadou mina alkhpoufr ». Cette troisiÚme tendance s??opposera à l??égalité des sexes, au processus de l??abolissement de l??esclavage. Dans les deux premiers chapitres  l??accent était porté sur la naissance d??un mouvement contestataire qui stoppera le projet rénovateur du ProphÚte. Ce nouveau mouvement se revendique musulman, mais il est opposé à toutes les rÚgles qui ont pour but : le changement de la structure sociétale de l??époque.

Les idées du ProphÚte sur l??octroi aux femmes des mêmes droits que les hommes privaient cette opposition politique, obbayy, de ressources financiÚres importantes provenant de l??esclavage des femmes.  L??islam ne pouvait constituer une rupture vis-à-vis des m?urs de l??époque polythÚiste que s??il parvenait à briser les prérogatives de l??aristocratie tribale et prenait position contre l??esclavage et contre le sexe masculin.

Les deux derniers chapitres de la deuxiÚme partie sont consacrés à la volonté prophétique. L??auteure montre comment la condition de la femme était trÚs dégradée, dans la période préislamique. La femme dans la jahiliyya était chosifiée, elle était lieu d??héritage et n??avait aucun droit de choisir son mari?.sans parler des violences physiques. Elle n??avait
pas le droit ni à l??héritage ni au butin, sous prétexte qu??elle ne portait pas les armes.  Le prophÚte a poussé les choses trÚs loin lorsqu??il lui donne, non seulement le droit de choisir son mari et de participer dans la vie politique mais aussi d??avoir le droit à l??héritage. Son message était clair, pas question de considérer la femme comme objet. Il s??est marié à plusieurs reprises par attirance physique et par affection et, non seulement pour ces raisons d??ordre stratégiques.

A ce sujet Fatima Mernissi nous expose plusieurs éléments qui montrent que le ProphÚte se comportait avec ses femmes d??égal à égal et non pas comme des subordonnées. Ses femmes se permettait de lui signifiait leur désaccord (faisaient la gueule), une chose étonnante dans la société de l??époque. Face aux revendications féminines les réticences masculines étaient fermes. Omar lui-même s??opposait à certains comportements féminins, mêmes lorsqu??il s??agissait des femmes du ProphÚte.

Selon F. Mernissi « Si les hommes avaient besoin de Dieu, celui-ci avait tout aussi besoin des hommes » en particulier Omar qui représentait selon F. Mernissi la voix des réticences masculines. L??idée de l??auteur est que le divin suivait la volonté d??Omar, pieux doté d??une forte reconnaissance sociale, plutÎt que celle du ProphÚte qu??il lui fallait remporter des victoires militaires pour retrouver sa place de chef de la Communauté.

Cette idée ne peut être jamais être acceptée par le musulman ordinaire, alors qu??elle s??explique dans d??autres registres de l??Islam. Les textes soufis évoquent le rapport de la volonté de l??homme à celle du seigneur. Je pense, puisque F. pour expliquer  qu??elle fallait revenir sur ce registre spiritualo-educatif, pour expliquer le rapport entre les trois volontés celle de Dieu du ProphÚte  et celle d??Omar.

Conclusion

 En guise de conclusion Fatima Mernissi défend l??idée selon laquelle le ProphÚte, incarnant la volonté divine dans sa part  achevée, prêchait un projet parfait  basé sur des valeur humanistes telles l??égalité, la justice, la dignité de l??être ; Malheureusement pour des  contraintes sociales propre à l??époque dans laquelle il a vécu il n??a pas pu tout réalisé. Dans ce travail elle met l??accent sur le principe de l??égalité de sexes. Elle attire l??intention du lecteur d??un cÎté sur quelques éléments qui ont stoppé la réalisation du Projet prophétique de son vivant, de l??autre cÎté sur les éléments qui ont caché et ont fait oublié le projet égalitaire du ProphÚte, aprÚs sa mort. Afin de convaincre le lecteur musulman  elle expose le cas de l??esclavage.

L??islam a encouragé l??affranchissement des esclaves (pratique individuelle). Les dits du ProphÚte PSL sont clairs la dessus. Lui-même PSL  n??avait pas d??esclaves et il a affranchi plusieurs captifs (ves) ; La question  posée dans ce travail est de savoir pourquoi l??Islam n??est pas arrivé à l??abolition  de l??esclavage (pratique sociale). L??intéressant dans ce genre de thÚses est qu??elle interroge  les contraintes sociales, économiques et politiques qui ont stoppé/freiné la réalisation du Projet prophétique. C??est la raison pour laquelle on trouve un décalage entre les paroles et comportement du ProphÚtes d??un cÎté (bien sûr aussi Ses  compagnons) et de l??autre coté l??instauration et l??application  de son projet rénovateur, dans une société de barbares qui tient à son systÚme économique. Les arabes à l??époque avaient trois moyens d??enrichissement :

  • les guerres (butin) : qui sont les guerriers, qui manient le sabre ?
  • le commerce : à qui appartient le commerce ?
  • l??agriculture : qui possÚde les terre ?

Sans évoquer les années de crise et de doute, qu??à connue la communauté suite aux défaites militaires successives (depuis ouhoud  et jusqu??au retour du ProphÚte (PSL) à la Mecque) ; Cette crise politique a eu deux effets majeurs et déterminants dans le processus de rénovation (égalitaire).

La crise a :

  • engendré une forte opposition politique de la part des mounafiqqin,
  • gommer  la prédisposition des musulmans pour accepter et surtout pour appliquer le texte sacré

« Si  les hommes avaient besoin du ciel, le ciel aussi avait besoins des hommes ». Le ProphÚte n??avait pas, dans les circonstances de la crise militaire de Médine de la cinquiÚme, sixiÚme et septiÚme  années de l??hégire beaucoup de choix pour faire face à l??insécurité, en attendant que la nouvelle source de pouvoir, Dieu et sa religion, s??ancre dans les mentalités ou bien réactiver le systÚme tribal pour faire la police.

La question qui se pose est de savoir pourquoi les musulmans n??ont pas réactualisé le projet du ProphÚte une fois que les contraintes ont étaient surmontées et abolies. Pourquoi il fallait attendre un tiers qui nous impose nos propres lois ?   Pourquoi le voile, ordonné aux femmes dans des circonstances d??insécurité, pour les protéger d??une rue violente ;  va les accompagner des siÚcles durant, quelques soit la situation militaire de la ville ?

Malgré toutes les déclarations de principes clairement affirmées dans les versets révélés et les exemples que le ProphÚte donnait, la société musulmane va rester esclavagiste des siÚcles durant, et n??y renoncera que sous la pression des puissances coloniales en plein XX Úme siÚcle.

De part sa nature évolutive et graduelle, l??argumentation de F. Mernissi a été construite pour désamorcer les résistances et les préjugés de maniÚre linéaire en enchaînant les faits et les constats les unes aprÚs les autres.


[1] L??initiative des caravanes civiques a pour objectif de sensibiliser les populations locales aux valeurs de la citoyenneté.

[2] Roussillon Alain, La pensée islamique contemporaine,?p. 10.

[3] Notes sur les méthodes

[4] Polémique : femme/ critique des personnages sacré Abou Hourayra.

[5] Sachant que les musulmans n??avaient pas accÚs aux sources, la majorité n??avait pas plus que le coran chez eux.

Référence :

CHIHAB Youssef, «Présentation de l’ouvrage  de Fatima Mernissi, Harem Politique, le ProphÚte et les  femmes,  Ed. Albin Michel, 1987, 293 pages», Revue Centre Euro-Méditerranéen de l??Etude de l??Islam Actuel (CEMEIA) [En ligne], Mars 2011.

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